Animation : Franck GOUGAT, contrôleur de sécurité, Carsat Auvergne.

Introduction : matinée sur le thème de la désinsertion professionnelle, avec la participation du Petit Théâtre de VALLIERES (1 rue Volney – 63000 CLERMONT-FERRAND – www.petit-theatre-de-vallieres.com) pour illustrer des situations de travail (mise en scène de Sylvie Seguin de l’AIST-La Prévention active et de Laetitia Faure Théâtre Vice-Versa) qui posent problème, et des acteurs du réseau local du Maintien en Emploi pour présenter les démarches possibles à mettre en place.

Acte I

Antoine et Martine travaillent en tant que préparateurs de commandes.

Ils font beaucoup de manutentions de cartons. Ils font et défont les cartons en fonction des changements de commandes de dernière minute qui leur arrivent par téléphone.

Martine se plaint déjà de douleurs à l’épaule ; lors de la manipulation d’un carton en hauteur, elle se fait mal à l’épaule. Accident du travail avec arrêt de 2 mois. Antoine se retrouve seul à faire le travail de deux.

Que faire dans ce type de situation ?

Propositions du public : brainstorming Aménagement du poste de travail, éviter les cartons en hauteur, limiter les manutentions ; Remplacement rapide de la personne en arrêt via l’intérim ; Agir en préventif quand on sait que la salariée se plaint de douleurs ; Formation pour bien se positionner, bonnes postures ; Echanger avec les salariés, les écouter, les faire s’exprimer sur leur situation ; Gestion des tâches de l’activité, organisation du travail, faire et défaire ; améliorer les conditions de travail, analyse de l’accident ; Arrêt initial de 2 mois = question de la réadaptation au poste ; Travail à deux, dialogue et alerte que l’un des deux ; Alerter le Médecin du travail ; Préparer l’activité physique par un échauffement, un éveil physique avant de commencer leurs tâches de manutention.

Acte II

2 mois plus tard. Martine reprend son travail. Reprise non préparée. Antoine, son collègue, n’a pas été prévenu du retour de Martine. La situation n’a pas changé. Le jour de sa reprise, Martine rechute. Nouvel arrêt de travail de 3 mois.

Table ronde : comment préparer la reprise du travail

Participants :

➢ Véronique CEYSSAT, Inspecteur du travail, DIRECCTE Auvergne

➢ Dr Françoise BONNET, Médecin du travail, AIST La Prévention active

Laurence GUITTARD, coordinatrice de la Cellule Maintien dans l’Emploi, AIST-La Prévention active

Anne PEREZ, assistante sociale, Carsat Auvergne

➢ Sindy CHABANNES, psychologue du travail, COMETE

➢ Charline SOUILLARD, SAMETH

Tous les acteurs sont réunis pour aider les entreprises.

DIRECCTE :

Avant la réforme, visite systématique d’aptitude.

Aujourd’hui, il faut raisonner en poste de travail avec un suivi adapté en fonction des risques professionnels. 2 suivis médicaux différents :



 

S’il y a une exposition à un risque particulier : Examen Médical d’Aptitude

Sinon, Visite d’Information et de Prévention (VIP), réalisée par un membre de l’équipe médical ou le médecin du travail

Une visite à la demande du salarié ou de l’employeur est possible à tout moment.

Visite de pré-reprise

nécessaire pour anticiper la reprise et essayer de maintenir le salarié dans son emploi. A l’initiative du Salarié, du Médecin traitant ou Médecin conseil ; obligatoire si arrêt de plus de 3 mois.

Visite de reprise : dans les 8 jours suivant la reprise ; obligatoire si arrêt de plus de 30 jours.

Questions/réactions de la salle – réponses apportées :

Intérêt certain de la visite de pré-reprise, mais l’employeur ne peut pas la demander ! Seul le salarié, le Médecin traitant ou le Médecin conseil peuvent la demander.

La visite de pré-reprise c’est très bien, mais si le salarié n’y va pas ? Il y a des contrôles des arrêts par le Médecin conseil avec possibilité d’arrêter les indemnités journalières si le salarié ne s’y prête pas.

Suivi à 45 jours et à 18 mois :

  • Si arrêt > 45 jours, les salariés reçoivent un courrier du Médecin conseil ou des services sociaux de la CPAM  pour un accompagnement pendant l’arrêt de travail ; possibilité de formation, reclassement avant la reprise.
  • Si arrêt > 90 jours, les salariés sont invités à une réunion d’information collective ou en entretien individuel de manière à les orienter vers les dispositifs existants. Envoi d’un courrier aux salariés les informant des différents dispositifs existant pour les inciter à rencontrer les services sociaux de la Carsat.

Le salarié doit être acteur de la démarche. L’employeur peut éventuellement faire appel aux représentants du personnel pour sensibiliser un salarié en arrêt, afin de lui conseiller de contacter le médecin du travail.

Est-ce que je peux en tant qu’employeur envoyer un courrier à un salarié en arrêt ? N’y-a-t-il pas risque de harcèlement ? Il n’est pas conseillé d’envoyer un courrier à un salarié en arrêt, mais il y a la possibilité d’inviter tous les salariés à une réunion d’information collective. Nécessité de construire au quotidien un bon relationnel avec son personnel.

Idée : information à indiquer dans le livret d’accueil des salariés.

Faut-il questionner le salarié lorsqu’il revient après un arrêt long, lui demander s’il a fait une visite de pré-reprise ?

On peut, mais il n’est pas obligé de répondre. Obligation de l’employeur d’organiser la visite de reprise dans les 8 jours.

Est-ce que les Médecins traitant sont au courant de l’existence des visites de pré-reprise ?

Oui, information donnée par la CPAM.

« valeur » des visites faites par quelqu’un d’autre qu’un Médecin du travail ?

L’infirmier en santé au travail est soit déjà formé, soit en formation, existence de protocoles entre le Médecin du travail et l’infirmier.

Même un infirmier en entreprise (service autonome) doit être formé en santé au travail.

Que faire quand le Médecin du travail prend connaissance d’un arrêt long (> 3 mois) lors de la reprise ?

Si besoin, demande de prolongation par le Médecin traitant pour avoir le temps de mettre en place quelque chose si la reprise est compliquée.

Possibilité de maintenir le salarié chez lui, en le payant, en attendant la visite de reprise.

➢ Quel délai de suivi si besoin de visite avant l’embauche ?

Les Services de Santé au Travail ont une obligation de moyen.

Où trouver de la documentation ? Sur le site Internet (articles ou documents téléchargeables) ou demande au Service Communication de l’AIST-La prévention active

Cellule Maintien en Emploi de l’AIST La Prévention active : 

C’est une équipe pluridisciplinaire qui travaille sur sollicitation des Médecins du travail lors d’arrêts de travail ou suite à une visite individuelle d’un salarié en activité. Ces actions sont réalisées en réseau avec l’employeur, le salarié et tous les acteurs présents à la table ronde.

➢ Assistante sociale de la Carsat Auvergne :

Pendant un arrêt de travail, le salarié peut faire un bilan de compétences, une formation courte, un essai encadré… avec maintien de ces indemnités journalières.

Objectif : envisager la reprise dans l’entreprise.

Comète : Association nationale avec une antenne à l’hôpital Nord à CEBAZAT (63118).

Intervention sur demande du Médecin rééducateur ou du Médecin du travail.

SAMETH : Service d’Appui au Maintien en Emploi des Travailleurs Handicapés.

Différentes situations individuelles : reconnaissance Travailleur Handicapé, personne en Invalidité ou en incapacité de travail avec possibilité d’aides financières.

Témoignages d’entreprises :

Entreprise FENWICK à GERZAT (63360)

Exemple d’essai encadré pour permettre le retour à l’emploi d’un technicien itinérant dans l’atelier. Arrêt long d’environ 18 mois. Proposition au salarié et à l’employeur d’un essai encadré suite à la visite de pré-reprise. Reprise à temps-partiel. Adaptation du poste avec aide à la manutention et entre-aide entre collègues à l’atelier.

Société CLAUGER Auvergne Limousin à COURNON-D’AUVERGNE (63)

Activité de froid industriel et conditionnement d’air.

Voir fiche jointe

Acte III

Pendant l’arrêt de Martine, les choses ont bougé.

Elle a été vue en pré-reprise pour préparer sa reprise au travail. Elle a bénéficié d’un essai encadré dans de meilleures conditions de travail.

L’entreprise a bénéficié de l’aide de la cellule maintien en emploi de son Service de Santé au Travail, la cellule ergonomie est venue observer le travail réel et proposer des préconisations que l’entreprise a mises en oeuvre.

Nouvelle organisation de travail. Il n’y a plus de téléphone venant changer les commandes en dernière minute. Fini les étagères hautes, les cartons sont à bonne hauteur…

Tous les salariés bénéficient de meilleures conditions de travail.

Fin