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Ressource4 métiers de votre service de santé au travail dont vous ignorez peut-être l’existence

Médecin du travail, infirmier en santé au travail… Ces métiers sont sûrement les premiers qui viennet à l’esprit quand on parle de santé au travail. Mais saviez-vous que votre service de prévention et de santé au travail compte dans ses équipes des spécialistes du bruit, des produits chimiques, de l’ergonomie ou encore de l’hygiène du travail ?

Derrière les visites médicales et le suivi de la santé des salariés, se cache une équipe aux compétences multiples. Les SPSTI, comme l’AIST – La prévention active, s’appuient sur des professionnels aux expertises complémentaires pour intervenir directement sur les situations de travail et accompagner les entreprises dans leurs démarches de prévention.

Alors, qui sont ces experts parfois méconnus ? Et surtout, quels bénéfices à les solliciter dans le cadre de votre activité professionnelle ?

1. L’hygiéniste du travail : le « détective » des risques professionnels

Le terme peut surprendre. Non, l’hygiéniste du travail ne vient pas vérifier si votre bureau est propre et bien rangé !

Son rôle est beaucoup plus large : il s’intéresse aux conditions de travail et aux facteurs susceptibles d’avoir un impact sur la santé et la sécurité des travailleurs. Il observe, analyse, conseille et aide l’entreprise à identifier des mesures de prévention adaptées.

On peut le voir comme un détective des risques professionnels : il cherche ce qui peut poser problème, analyse la situation et aide à trouver des solutions.

Comment peut-il vous accompagner ?

L’hygiéniste du travail peut notamment accompagner l’entreprise pour :

  • évaluer les risques professionnels et vous accompagner à la réalisation ou à la mise à jour de votre Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;
  • proposer des actions de prévention collectives, techniques ou organisationnelles, comme par exemple des ateliers de sensibilisation ou des webinaires ;
  • conseiller l’employeur sur les obligations réglementaires et la sécurité au travail ;
  • réfléchir à l’adaptation des équipements de protection individuelle (EPI) ou des équipements de protection collective (EPC) ;
  • accompagner une démarche de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) ;
  • sensibiliser les équipes sur des sujets comme les addictions, le risque routier, les risques psychosociaux, le travail en horaires atypiques ou postés ou encore le port des EPI ;
  • intervenir sur des problématiques d’hygiène liées à certaines activités : fumées de soudage, plomb, produits CMR, agents biologiques, etc.

Son intervention peut également concerner directement les salariés. Par exemple, lorsqu’un poste doit être adapté à la suite d’une maladie ou d’un accident du travail, il peut contribuer à rechercher des équipements ou des mesures de prévention appropriés, en lien avec les professionnels concernés.

2. L’ingénieur métrologue : celui qui transforme les « ça fait beaucoup de bruit » en données concrètes

« C’est bruyant ici. »

« J’ai l’impression que les vibrations sont importantes. »

« On ne voit pas très bien dans cette zone. »

Ces constats sont utiles… mais pour agir, il faut parfois aller plus loin et mesurer.

C’est précisément le rôle de l’ingénieur métrologue : il utilise des instruments et des méthodes de mesure pour objectiver certaines expositions professionnelles.

Comment peut-il vous accompagner ?

Selon les besoins de l’entreprise, il peut notamment réaliser des mesures concernant :

  • le bruit, avec des sonométries ou des exposimétries permettant d’évaluer l’exposition réelle des salariés ;
  • l’éclairage, en étudiant les niveaux d’éclairement ou certaines problématiques d’éblouissement ;
  • les vibrations, notamment les vibrations transmises au système main-bras ou à l’ensemble du corps.

Ces mesures ne constituent pas une fin en soi. Leur intérêt est de mieux comprendre une situation et d’identifier, lorsque cela est nécessaire, des pistes d’amélioration, que l’expert est en capacité de présenter à l’entreprise commanditaire.

L’ingénieur métrologue peut également intervenir dans le cadre de sensibilisations ou de webinaires consacrés aux risques physiques. Il peut aussi conseiller sur les choix d’équipements de protection, comme le montre cette vidéo sur les PICB (bouchons d’oreilles, mais pas que).

3. Le toxicologue : l’expert des produits chimiques… et de bien plus encore

Le mot « toxicologue » évoque spontanément les laboratoires et les substances dangereuses. Dans le monde du travail, son champ d’intervention est directement lié à la prévention des expositions professionnelles.

Son rôle consiste notamment à aider à identifier, évaluer et réduire les risques liés aux agents chimiques.

Comment peut-il vous être utile ?

Le toxicologue peut accompagner les entreprises pour :

  • évaluer le risque chimique ;
  • analyser les produits utilisés et les situations d’exposition ;
  • conseiller sur les rayonnements ionisants, l’amiante, et le radon, très présent en Auvergne, selon son champ d’intervention ;
  • réaliser, lorsque cela est pertinent, des mesures indicatives de certaines expositions aux agents chimiques ;
  • évaluer l’efficacité d’un système d’aspiration ou de ventilation ;
  • apporter des conseils en amont d’un projet d’installation ou de modification d’un système de ventilation ou de captage ;
  • contribuer à rechercher des solutions pour réduire les expositions.

L’analyse ne consiste pas simplement à regarder une liste de produits. Il faut aussi prendre en compte les conditions réelles de travail : quantités utilisées, modes d’émission, voies d’exposition, durée et fréquence d’exposition, efficacité des moyens de prévention existants…

Un exemple ? Vous utilisez un produit chimique et disposez déjà d’une aspiration. Le toxicologue peut aider à déterminer si le système est adapté et s’il fonctionne efficacement, puis proposer des pistes d’amélioration si nécessaire.

4. L’ergonome : celui qui regarde le travail… autrement

« Faites attention à votre posture ! »

On associe souvent l’ergonomie à un fauteuil de bureau ou à la hauteur d’un écran. Pourtant, l’ergonomie ne se résume certainement pas à choisir une bonne chaise.

L’ergonome s’intéresse à l’activité réelle de travail : ce que fait concrètement le salarié, dans quel environnement, avec quels outils, quelles contraintes et quelle organisation.

Il cherche à comprendre la situation dans son ensemble pour contribuer à concevoir ou transformer des situations de travail adaptées aux personnes.

Comment peut-il vous être utile ?

Une intervention ergonomique peut notamment permettre de :

  • comprendre et analyser une activité de travail ;
  • identifier les facteurs susceptibles de contribuer à des difficultés ou à des atteintes à la santé ;
  • réfléchir à l’aménagement d’un poste ou d’un espace de travail ;
  • accompagner un projet de transformation ou de conception ;
  • rechercher des solutions face aux contraintes physiques, aux gestes répétitifs ou aux postures contraignantes (et prévenir l’apparition des TMS, comme cet exemple chez les bouchers charcutiers en Auvergne) ;
  • mobiliser les salariés et les différents acteurs de l’entreprise dans une démarche participative.

L’objectif n’est donc pas simplement de dire au salarié « tenez-vous mieux ». Il s’agit plutôt de regarder comment le travail est réellement réalisé et de réfléchir à la manière de le rendre plus adapté.

L’INRS souligne d’ailleurs l’intérêt d’associer les travailleurs à la conception ou à la transformation des situations de travail. Les démarches ergonomiques peuvent notamment s’appuyer sur la simulation et la participation des salariés pour tester et faire évoluer les solutions envisagées. (INRS)

Autrement dit : l’ergonome ne cherche pas seulement à adapter l’humain au travail. Il s’intéresse aussi à la façon dont le travail peut être conçu ou transformé pour mieux tenir compte de l’activité réelle.

Quatre métiers, un même objectif : agir sur le travail

Hygiéniste du travail, ingénieur métrologue, toxicologue, ergonome… Ces métiers ont des spécialités différentes, mais ils ont un point commun : ils interviennent sur les situations de travail pour contribuer à la prévention des risques professionnels.

Et c’est justement la complémentarité de ces expertises qui fait la richesse d’une équipe pluridisciplinaire.

Un bruit gênant ? Le métrologue peut mesurer.

Une exposition à un produit chimique ? Le toxicologue peut analyser la situation.

Un poste difficile à tenir ou une organisation qui pose problème ? L’ergonome peut observer l’activité et rechercher des pistes d’amélioration.

Une problématique plus globale de prévention ou d’hygiène et sécurité ? L’hygiéniste du travail peut accompagner l’entreprise dans son analyse et ses actions.

Ces professionnels ne travaillent pas chacun dans leur coin. Ils font partie du Pôle d’expertises de l’AIST – La prévention active. Leurs compétences peuvent être mobilisées en complémentarité avec celles des médecins du travail, infirmiers en santé au travail et autres professionnels de la prévention.

Vous pensiez connaître votre service de santé au travail ?

Votre service de prévention et de santé au travail ne se limite donc pas aux visites médicales : il dispose aussi de compétences permettant d’observer, mesurer, analyser et améliorer les situations de travail.

Et si vous ne savez pas à qui vous adresser face à une problématique de prévention, une bonne première étape est tout simplement de contacter l’AIST – La prévention active : il pourra vous orienter vers le professionnel ou l’expertise adaptée à votre besoin.

exemples de métiers inconnus à l'AIST - La prévention active

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