Le Ministère du Travail l’a annoncé : au second semestre 2026, l’Inspection du travail déploie une campagne nationale de contrôles renforcés ciblant l’utilisation des équipements de travail mobiles et des appareils de levage. Si votre entreprise utilise des pelles, mini-pelles, chargeuses, compacteurs, chariots élévateurs ou tracteurs équipés, que ce soit dans le BTP, l’industrie, la logistique, l’agriculture ou les services, vous êtes directement concernés.
Ne subissez pas les contrôles : prenez les devants dès aujourd’hui !
Pourquoi cette nouvelle campagne de contrôles ?
Le constat du Ministère est sans appel : les engins mobiles et de levage restent la première cause d’accidents du travail graves et mortels liés aux équipements. Lors de la précédente campagne de 2023-2024, le bilan de l’Inspection du travail a révélé des lacunes majeures dans les entreprises :
- Plus de 50 % des Documents Uniques (DUERP) étaient absents ou non conformes.
- 64 % des sites ne disposaient pas de mesures de circulation totalement adaptées.
- 26 % des autorisations de conduite présentaient des non-conformités.
- 23 % des équipements n’avaient pas subi leurs Vérifications Générales Périodiques (VGP) obligatoires.
Face à ces risques et à la vulnérabilité marquée des jeunes travailleurs et des intérimaires, les agents de contrôle intensifieront leurs vérifications sur tout le territoire dès septembre 2026.
Contrôles sur les équipements de travail mobiles et de levage : quoi vérifier en priorité ?
L’Inspection du travail ciblera en priorité 4 axes majeurs :
- L’évaluation des risques et le DUERP : l’identification précise des risques liés aux engins et à la coactivité, avec la mise en place d’un plan d’action concret.
- Les compétences et l’autorisation de conduite : l’employeur doit prouver le respect strict des 3 conditions cumulatives (formation à la conduite, avis médical d’absence de contre-indication, instructions spécifiques au site). Un accent strict sera mis sur l’encadrement des jeunes travailleurs (15-18 ans) et la gestion des intérimaires.
- La sécurité des déplacements : la séparation claire des flux piétons/engins et l’aménagement des zones de circulation et de manœuvre.
- La conformité et le suivi du matériel : la réalisation des VGP et la traçabilité des réparations suite aux remarques des vérificateurs.
- Le dialogue social : l’implication et la consultation effective du CSE sur l’évaluation des risques et les rapports de vérification.
Comment mettre votre entreprise en conformité ?
Plutôt que d’attendre la visite de l’inspecteur du travail, transformez cette échéance en opportunité pour sécuriser vos équipes et vos processus. Pour cela, 4 étapes à suivre :
1. Faites le point sur votre situation interne (autodiagnostic)
Téléchargez les fiches d’autodiagnostic mises en ligne par le Ministère du Travail (dont des exemples ci-contre). Réalisez un audit interne de vos pratiques, de vos matériels et de vos registres de sécurité.
2. Planifiez vos actions correctives
- Remettez à jour votre DUERP et intégrez-y les plans d’action sur les circulations et les engins.
- Vérifiez la validité des autorisations de conduite de l’ensemble de vos collaborateurs, y compris vos intérimaires et saisonniers.
- Contrôlez la mise à jour de vos VGP et assurez-vous que les réserves émises par les organismes de contrôle ont bien été levées.
3. Associez votre CSE
Présentez la démarche à votre Comité Social et Économique. Sa consultation et son implication dans l’analyse des risques et la prévention sont non seulement une obligation réglementaire mais aussi un gage d’efficacité sur le terrain.
4. Sollicitez votre Service de Santé au Travail Interentreprises
Vous n’êtes pas seuls ! Votre service de prévention et santé au travail, comme l’AIST – La prévention active dans le Puy-de-Dôme et l’arrondissement de Brioude est votre premier partenaire. Contactez-le sans attendre pour :
- Anticiper le renouvellement des attestations d’absence de contre-indication ou d’aptitude à la conduite.
- Bénéficier de l’accompagnement d’un ergonomie ou d’un Intervenant en Prévention des Risques Professionnels (IPRP) pour aménager vos voies de circulation ou mettre à jour votre DUERP.
Le calendrier à retenir
- Dès maintenant : audit interne, autodiagnostic et planification des régularisations.
- Septembre – Novembre 2026 : phase intensive de contrôles sur le terrain par l’Inspection du travail.
- Septembre 2026 – Janvier 2027 : contre-visites et suites aux contrôles (mises en demeure, procès-verbaux).
N’attendez pas la phase de contrôle : anticipez et faites de la sécurité au travail une priorité partagée !